Un article de journal, une carte Pokémon revendue plus de 6 000 livres, et un souvenir qui remonte. Un décorateur retraité de Woking a vidé son grenier: sa collection, oubliée quinze ans, a été adjugée 1,56 million de livres sterling, environ 1,86 million d’euros, le 21 octobre dans le Surrey.
Le point de départ tient en peu de choses. Un homme lit son journal. Il tombe sur un entrefilet: une carte Pokémon vient de changer de mains pour plus de 6 000 livres sterling, soit environ 7 150 euros. Il pense aux cartons rangés sous les combles. Ceux de son fils, qui a tourné la page de la franchise il y a quinze ans. Ceux qu’il a lui-même complétés, série après série, à la fin des années 1990. Il se souvient de ce qui dort dans son grenier. La maison de ventes Ewbank’s se charge ensuite du reste, et le marteau tombe sur un total record.
Le vendeur a requis l’anonymat. On sait seulement qu’il est originaire de Woking, ville du Surrey située au nord de Guildford, et qu’il a exercé le métier de décorateur, ou de peintre en bâtiment selon les traductions. Selon la BBC, qui a révélé l’histoire, il s’agit de la vente de cartes à collectionner la plus rentable jamais organisée au Royaume-Uni.
Un père, un fils et des boosters achetés dans les années 1990
L’histoire commence comme dans des milliers de familles. Dans les années 1990, le père achète des paquets de cartes pour son fils. L’enfant joue, échange, collectionne. Le père se prend au jeu. Il ne se contente pas d’ouvrir des boosters: il cherche à réunir des séries complètes, carte après carte, sans en laisser une seule de côté.
Puis l’intérêt du garçon s’émousse. Le phénomène est classique: la passion d’enfance cède la place à d’autres centres d’intérêt. Le père suit le mouvement. Il arrête lui aussi de collectionner et range l’ensemble au grenier. Les cartons y restent quinze ans. Personne ne les touche. Personne n’en mesure la valeur.
Ce détail compte. Une collection oubliée est une collection qui ne s’abîme pas à force d’être manipulée. Pas de cartes glissées dans une poche de jean, pas de deck trimballé dans la cour de récréation. Les cartes sont ressorties du grenier dans l’état que les collectionneurs recherchent avant tout: proche du neuf. Le titre qui circule depuis la vente résume bien l’affaire. C’est le fils qui avait oublié ses cartes. C’est le père qui les a vendues.
300 livres sur eBay, 75 000 livres aux enchères
Le père n’a pas tout acheté en boutique. À la fin des années 1990, il a acquis plusieurs séries intégrales auprès d’un vendeur malaisien, via eBay. Le recours à un vendeur installé en Malaisie montre sa détermination: pour compléter ses séries, il n’hésitait pas à commander à l’autre bout du monde.
Un de ces ensembles lui avait coûté 300 livres sterling à l’époque. Il s’est revendu 75 000 livres. Une valeur multipliée par 250. Le calcul donne le vertige, mais il faut le replacer dans son contexte. Ces 300 livres représentaient déjà une somme pour des cartes destinées à un enfant. L’acheteur ne spéculait pas. Il complétait une collection.
Le rendement n’a donc rien d’un placement réfléchi. Il découle d’une conjonction de facteurs que personne ne pouvait anticiper à la fin des années 1990: la longévité de la franchise, la nostalgie d’une génération devenue adulte et solvable, la rareté des cartes de cette époque restées en bon état. Le décorateur de Woking a acheté des cartes pour faire plaisir à son fils. Il a revendu des pièces de collection.
Pourquoi cette collection Pokémon vaut 1,86 million
Chez Ewbank’s, un Dracaufeu adjugé cinq fois son estimation
La vente s’est tenue le mercredi 21 octobre chez Ewbank’s, maison d’enchères installée dans le Surrey. La pièce maîtresse portait un nom à rallonge: le Legendary Collection Complete Master Set. Un ensemble complet qui comprenait une carte Dracaufeu dans un état proche du neuf.
Les experts l’avaient estimé entre 15 000 et 20 000 livres sterling, soit entre 17 900 et 24 000 euros. Les enchérisseurs en ont décidé autrement. Le lot est parti à 100 000 livres, environ 119 000 euros. Cinq fois l’estimation haute. Plus de six fois l’estimation basse.
Pourquoi un tel écart? Le Dracaufeu, Charizard en anglais, occupe une place à part dans l’univers des cartes Pokémon. Ce Pokémon dragon de feu compte depuis longtemps parmi les cartes les plus convoitées par les collectionneurs. Mais ici, la carte ne se vendait pas seule. Elle faisait partie d’un set complet, ce qui démultiplie son attrait pour un acheteur désireux de posséder une série entière d’un seul coup.
Ce lot n’est pas un cas isolé dans la vacation. D’après La Dépêche, plusieurs objets de la collection ont atteint des sommes bien supérieures aux estimations. Les commissaires-priseurs avaient fixé des fourchettes prudentes. La salle les a balayées.
Pratiquement toutes les cartes rares: le constat d’Ewbank’s
Au total, la collection a rapporté 1,56 million de livres sterling. En euros, la somme avoisine 1,86 million. La maison Ewbank’s précise qu’il s’agit de la vente de cartes à collectionner la plus chère jamais réalisée au Royaume-Uni.
Pour la maison de ventes, la surprise est venue de l’ampleur de l’ensemble. Ewbank’s décrit une collection vaste, intacte et complète, avec pratiquement toutes les cartes rares que l’on puisse souhaiter. Selon elle, les collectionneurs avaient du mal à croire à quel point elle était exceptionnelle.
Trois qualités ressortent de ce constat. La taille, d’abord. La conservation, ensuite. L’exhaustivité, enfin. C’est la combinaison des trois qui explique le montant. Une carte rare isolée intéresse quelques collectionneurs. Des séries entières, intactes, avec toutes les pièces difficiles à trouver, attirent l’ensemble du marché. Chaque lot devient une occasion unique de compléter une collection en une seule enchère, sans des années de recherche carte par carte.
De 6 000 livres pour une carte à 1,56 million pour un grenier
Le déclencheur de toute l’histoire tient dans un chiffre lu au hasard. Une carte revendue plus de 6 000 livres sterling. Sans cet article de presse, le retraité n’aurait peut-être jamais repensé à ses cartons. L’écart entre ce prix et le total final mesure le chemin parcouru: d’un simple réflexe de curiosité à la vente de cartes la plus rentable du pays.
L’affaire a vite traversé la Manche. TF1 Info en a tiré un conseil adressé aux parents: ne pas se débarrasser des cartes Pokémon de leurs enfants. Le conseil fait sourire. Il repose pourtant sur une réalité de marché. Les cartes des premières années de la franchise, bien conservées, sont recherchées par une génération qui a grandi avec elles et qui dispose aujourd’hui de moyens.
Le cas de Woking demeure exceptionnel. Toutes les boîtes à chaussures remplies de cartes ne valent pas une fortune. La valeur tient à l’état, à la rareté, à l’intégralité des séries. Une carte cornée, pliée ou jaunie perd l’essentiel de son intérêt. Le décorateur cumulait tous les critères: des séries complètes, des cartes rares, une conservation à l’abri pendant quinze ans.
Le fils, lui, n’avait rien demandé. Il avait laissé ses cartes derrière lui en grandissant. Son père les a gardées, puis vendues. Quinze ans de poussière. 1,56 million de livres sterling.
Cartes Pokémon du grenier: les faits clés
- Vente organisée par Ewbank' s dans le Surrey le 21 octobre
- Collection adjugée 1,56 million de livres sterling
- Vendeur: décorateur retraité de Woking, resté anonyme
- Séries achetées à la fin des années 1990 via eBay
- Lot phare avec un Dracaufeu vendu 100 000 livres
- Plus chère vente de cartes à collectionner au Royaume-Uni
Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.
Sources
- Un trésor oublié pendant 15 ans au grenier : un retraité vend ses cartes Pokémon pour 1,8 million d'euros | TF1 Info
- Un retraité devient millionnaire en revendant des cartes Pokémon qu'il avait oubliées dans son grenier pendant 15 ans – ladepeche.fr
- un retraité vend ses cartes Pokémon pour 1,8 million d'euros
- Un retraité découvre des cartes Pokémon dans son grenier et devient… millionnaire – La DH/Les Sports+
- Un retraité découvre des cartes Pokémon dans son grenier et devient… millionnaire : "pratiquement toutes les cartes rares que l'on puisse souhaiter" – La Libre