Des cartes Pokémon oubliées 15 ans au grenier rapportent 1,8 million d’euros aux enchères

1,8 million d’euros. C’est la somme rapportée, mercredi 21 octobre, par une collection de cartes Pokémon restée quinze ans au grenier d’un ancien peintre-décorateur de Woking, dans le Surrey anglais. Le vendeur, qui tient à rester anonyme, espérait au mieux quelques centaines de milliers d’euros.

L’histoire démarre à la fin des années 1990. Son fils échange des cartes avec ses camarades d’école, le père les trouve jolies et se demande si elles pourraient constituer un bon placement. Il se met à acheter des séries complètes, dont plusieurs sur eBay auprès d’un vendeur installé en Malaisie, et les range, encore scellées, dans des classeurs faits sur mesure. Le garçon avait ses propres cartes pour jouer. Celles-là, il n’a jamais eu le droit d’y toucher. Puis l’enfant se lasse de Pokémon, le père arrête à son tour, et les classeurs montent sous le toit.

Ils y restent quinze ans. Le déclic vient d’un article du journal local: une seule carte Pokémon venait de partir pour plus de 6 000 livres sterling, soit environ 7 150 euros. Le retraité se souvient alors de ce qu’il a entreposé au-dessus de sa tête. Il apporte un échantillon chez Ewbank’s, une maison de ventes de Send, à quelques kilomètres de chez lui. Sur place, les spécialistes tombent des nues.

En chiffres
1,8 M€
Prix total de la collection
1,56 million de livres, frais inclus
42
Séries complètes vendues
Chez Ewbank' s, le 21 octobre
x6
Écart avec l' estimation
Estimée jusqu'à 270 000 livres
75 000
Prix d' un lot payé 300
Acheté sur eBay à la fin des années 1990
119 200 €
Série avec Dracaufeu
Lot le plus cher de la vente

Combien la vente a-t-elle vraiment rapporté?

Tout est là, en parfait état, comme sorti d’usine. Andrew Ewbank, qui dirige la maison fondée par son père et qui a mené la vente lui-même, décrit une collection étendue, intacte, complète, avec à peu près toutes les raretés qu’on puisse espérer. L’estimation reste pourtant prudente: jusqu’à 270 000 livres, soit entre 300 000 et 325 000 euros selon la presse britannique reprise en France. Une belle somme, déjà, pour des cartes achetées quelques centaines de livres.

Le 21 octobre, les 42 séries complètes passent sous le marteau. Youtubeurs, collectionneurs et investisseurs enchérissent depuis le monde entier, et la salle n’a jamais été aussi pleine depuis la pandémie de Covid, selon Andrew Ewbank. Le total des adjudications atteint 1,2 million de livres. Une fois les frais ajoutés, la facture grimpe à 1,56 million de livres, soit environ 1,8 million d’euros. Plus de six fois l’estimation de départ.

La maison de ventes parle de l’enchère de cartes à collectionner la plus lucrative jamais organisée au Royaume-Uni, et de sa meilleure séance en plus de trente ans d’activité. Pour un salarié moyen, une telle somme équivaut à plusieurs décennies de salaire. Le décorateur à la retraite, lui, est devenu millionnaire en une seule journée d’enchères.

Un lot payé 300 livres, adjugé 75 000 livres

Le chiffre le plus parlant concerne un lot acheté à l’époque sur eBay. Il avait coûté 300 livres au retraité. Il est parti pour 75 000 livres, soit 250 fois sa mise de départ. Aucun placement bancaire classique n’offre un tel rendement sur un quart de siècle, et c’est bien pour cela que l’affaire fascine.

La pièce maîtresse de la vente est une série complète de la Collection Légendaire, qui contient une carte Dracaufeu rare en état quasi neuf. Elle a été adjugée 100 000 livres, soit 119 200 euros. Selon la presse italienne, elle était estimée entre 18 000 et 24 000 euros environ. Dracaufeu, le dragon orange de la première génération, est depuis longtemps la carte la plus recherchée par les nostalgiques des années 1990, ceux qui avaient dix ans à l’époque et disposent aujourd’hui d’un pouvoir d’achat d’adulte.

Pourquoi un tel écart avec les estimations? Trois éléments jouent ici en même temps. D’abord, l’état: les cartes n’ont jamais été manipulées, encore moins glissées dans une poche de cartable. Une carte qui a servi à jouer, avec des coins abîmés ou une rayure sur l’illustration, perd une grande partie de sa valeur aux yeux des collectionneurs. Ensuite, la complétude: réunir une série entière, sans un seul trou, demande des années de recherche et beaucoup d’argent. Acheter d’un coup un ensemble déjà constitué fait gagner ce temps à l’acquéreur. Enfin, la rareté de l’occasion elle-même: 42 séries de cette qualité qui arrivent ensemble sur le marché, cela n’arrive presque jamais.

À cela s’ajoutent les critères propres à chaque carte. Pour savoir si une carte Pokémon a de la valeur, la rareté, le personnage représenté et le nom de l’illustrateur imprimé sur la carte sont déterminants, rappelle la presse belge. Au quotidien, cela signifie qu’un Pikachu banal ne vaut pas grand-chose, alors qu’une version rare du même personnage, signée par un artiste recherché, peut atteindre des sommes très élevées.

Ce que révèle la flambée des cartes Pokémon

Une plus-value hors norme
Un lot acheté 300 livres a été adjugé 75 000 livres, soit 250 fois sa mise.
L'état fait le prix
Les cartes, jamais manipulées et conservées scellées dans des classeurs, ont attiré des enchérisseurs du monde entier.
Un marché en pleine flambée
Une carte Pikachu Illustrator a atteint près de 15 millions d' euros en février, record absolu.
La spéculation inquiète
Le scalping des nouvelles séries exaspère collectionneurs et parents, qui peinent à acheter au prix normal.
Faire expertiser avant de vendre
Rareté, personnage et nom de l' illustrateur déterminent la valeur d' une carte.

Près de 15 millions d’euros pour une seule carte

La collection de Woking reste loin du record absolu. En février, une carte Pikachu Illustrator notée 10 sur 10, mise en vente par l’influenceur américain Logan Paul, a été adjugée 16,49 millions de dollars chez Goldin, dans le New Jersey, soit près de 15 millions d’euros. Il n’en existe que 39 exemplaires, remis en 1998 aux gagnants d’un concours de dessin organisé par le magazine japonais CoroCoro Comic.

Une fortune cachée dans les greniers britanniques?

Le retraité de Woking n’est pas le seul à avoir fouillé ses combles avec succès. Récemment, un Britannique de 37 ans a retrouvé chez ses parents une ancienne collection de cartes Pokémon, oubliée depuis une vingtaine d’années. Certaines, très bien conservées, lui ont rapporté 29 000 euros. Moins spectaculaire qu’un million, mais l’équivalent de plus d’une année de salaire pour beaucoup de foyers.

Ces histoires se ressemblent: des cartes achetées pendant l’engouement de la fin des années 1990, rangées quand la mode est passée, puis redécouvertes au moment où le marché s’est envolé. Il faut dire que la génération qui collectionnait à l’école a grandi. Elle a de l’argent, de la nostalgie, et cherche à racheter les cartes de son enfance, parfois à n’importe quel prix.

Le phénomène a aussi son revers. Dans les boutiques, les nouvelles séries s’arrachent dès leur sortie, achetées en masse par des spéculateurs qui les revendent ensuite beaucoup plus cher en ligne. Cette pratique, appelée scalping, exaspère les collectionneurs et les parents, qui peinent à trouver des boosters au prix normal pour leurs enfants. Le marché des cartes à collectionner ressemble de plus en plus à un marché financier, avec ses bulles possibles et ses déceptions.

Comment savoir si ses vieilles cartes valent quelque chose?

La première chose à faire est de ne rien abîmer. Une carte se manipule avec des mains propres, se range à plat, à l’abri de l’humidité et de la lumière. Les produits encore scellés ne doivent surtout pas être ouverts: c’est cet état d’origine qui a fait la fortune du retraité anglais.

Ensuite, il faut identifier ce que l’on possède. Les cartes de la première génération, les versions brillantes, les personnages vedettes comme Dracaufeu ou Pikachu méritent un examen attentif. Le nom de l’illustrateur, la rareté indiquée sur la carte et son état général donnent une première idée. Pour les pièces qui semblent prometteuses, le réflexe du décorateur de Woking reste le bon: faire appel à une maison de ventes ou à un expert spécialisé avant de vendre quoi que ce soit, plutôt que de céder sa collection au premier acheteur venu sur internet.

La grande majorité des vieilles cartes ne vaut que quelques euros, et peu de greniers cachent un million. Mais la boîte à chaussures remplie de cartes d’un enfant devenu adulte mérite un coup d’œil sérieux avant de finir à la déchetterie. Le retraité de Woking a bien failli ne jamais ouvrir ses classeurs: sans un simple article dans son journal local, sa collection dormirait encore sous le toit.

Cartes Pokémon du grenier: les chiffres clés

  • Collection restée 15 ans dans un grenier de Woking
  • Cartes achetées pour son fils à la fin des années 1990
  • 42 séries complètes, encore scellées
  • Vente du 21 octobre chez Ewbank' s, dans le Surrey
  • Adjugée 1,56 million de livres, soit 1,8 million d' euros
  • Record britannique pour une vente de cartes à collectionner

Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.

Julien Juchereau
Julien Juchereau
Julien Juchereau est rédacteur web. Sur Pop Collection, il suit les sorties, les cotes et les tendances des objets de collection, figurines, briques et cartes : il compile les annonces des éditeurs, recoupe les prix constatés et cite ses références. Il n'est ni expert-priseur ni revendeur — quand une information n'est pas vérifiable, il le dit plutôt que de l'inventer.

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